Une rencontre un peu Corsée

Janvier 2018. Après les vœux, que je vous souhaite encore bien bons et pleins de santé, les résolutions.
Parmi celles des U15 de l’Eveil, celle de passer à la vitesse supérieure durant la deuxième phase avec l’envie de tout renverser pour assurer une bonne place en R2.
Se dire qu’à un match près, nous étions en poule haute devant le Cavigal, même nombre de victoires et de défaites directes, mais avec pour nous l’avantage d’une pénalité administrative infligée à nos voisines. Comme quoi, tout ça ne tient pas à grand-chose ! En tout cas, bon vent à nos voisines Maralpines qui défendront notre beau département en R1.

Le côté grincheux de cet article, il me vient de l’organisation des matches orchestrée par les instances. En effet, après avoir terminé la première phase par un match disputé le samedi 23 décembre à midi, nous étions en naïve croyance d’espérer que le début de la deuxième phase se ferait en douceur. Et bien non. Le 5 janvier, nous apprenions que nos minimes joueraient contre la sélection Corse à Vescovato le samedi 13 janvier. Donc, peu de temps pour organiser le déplacement, peu de temps pour trouver les billets d’avion les meilleurs, pas le temps de profiter d’une île ensoleillée si le match avait eu lieu au printemps, et, surtout, peu le temps de nous remettre au travail puisque la reprise des entraînements se faisait le 8 janvier. De son côté, Saint Maximin bénéficiait d’une journée d’exemption… Bref, l’adversité, la difficulté, ça forge le caractère !

Mais comme les ennuis n’arrivent jamais seuls, l’effet boule de merde, une cascade de petits pépins de santé allaient empêcher notre coach Geoffrey de suivre ses filles sur l’île de Beauté. Inutile de préciser combien cela allait déstabiliser nos joueuses… En tout cas, une solution était trouvée et c’est Francis Dane qui allait prêter main forte à nos minimes. Sorti de sa retraite sportive, tel Captain Caverne, il allait avoir la bonté d’encadrer les filles, les conseiller, les rassurer, les faire jouer, qu’il en soit chaleureusement remercié.

Comme toute situation, on peut la voir autant de façon négative que positive. En l’occurrence, Yan avait trouvé des billets sur Corsair et un chouette avion qui allait nous emmener à Bastia. Nous étions accompagnés par Kamel, Steve et Perle, qui allait assurer l’arbitrage de cette rencontre.
Autre plaisir, les services financiers de la Multinationale BlogdeZette Incorporation avaient levé des fonds pour équiper les joueuses d’une tenue digne de ce nom. Les prochaines rencontres allaient s’inscrire sous le signe de l’unité et de la représentation des couleurs de notre club.
D’ailleurs, dès le départ à l’aéroport, la seule chose qui différenciait nos minimes des Niss’Angels, en partance pour disputer leur quart de finale de Coupe de France, c’était les centimètres, si on excepte le lutin blond Alix Duchet !

Le périple prenait forme. Après s’être levées dès potron-minet, après le court vol vers la Corse, nous arrivions sur les terres de Vescovato, village qui présente une longue histoire familiale pour Chiara et ses parents. Chaleureusement accueillis par les parents de nos adversaires, nous nous dirigions vers le restaurant dans lequel les filles allaient prendre une légère collation d’avant match.
Une fois ingérées les pâtes ou la pizza, ainsi que la délicieuse bûche, rien de frugal, la promenade digestive était de rigueur. Sous un soleil chaleureux, les filles se laissaient aller à un agréable moment fait de fous rires. Une démonstration supplémentaire de la bonne ambiance qui règne entre ces filles adorables, ça fait plaisir à voir et à suivre en tant que parent, qu’accompagnateur, ou de cadre sportif.

Mais l’heure tournait et il était temps de rejoindre la salle pour commencer les échauffements de rigueur dans une salle au parquet tout neuf. Echaudé par la tentative d’assassinat par coup de coffre Audi de Francis sur ma modeste personne, j’esquivais la tentative suivante et prenais soin de rapidement récupérer mon sac pour m’engouffrer dans la salle Charles Orlanducci, certainement le vrai nom du célèbre Ocatarinabellatchitchix.
Après quelques consignes bien répétées par Francis, Zoé, Chiara, Thilelli, Thiziri et Camille entraient sur le parquet. De l’autre côté du terrain, l’équipe Corse était composée d’une sélection des meilleures joueuses insulaires, coachées par le CTS local, figure familière pour certains d’entre nous qui l’avaient rencontré à Voiron il y a déjà 2 ans…
Pour être très sincère, l’échauffement de nos adversaires était fait de beaucoup de passes, peu de shoots, difficile donc de se faire une idée concrète de ce que nous allions affronter.

De fait, la première période montrait 3 éléments précis. Le premier, c’était la supériorité technique de nos filles. Le deuxième, c’était la très grosse agressivité de nos adversaires, souvent borderline. Le troisième, c’était la fatigue, après avoir été debout et voyagé depuis déjà presque 9 heures, elle se faisait sentir…
Quel résultat ? Et bien nos filles s’envolaient au score assez facilement, mais sous les coups de boutoir corses, l’écart se réduisait et le quart-temps se concluait sur le score de 13 à 10 pour l’Eveil.

Le deuxième quart-temps allait être le théâtre d’une drôle de faillite offensive… En effet, le pourcentage de réussite aux tirs allait profondément chuter, au moins autant que celui du nombre de fans de Larusso, c’est dire… Apathiques, nos joueuses ne produisaient plus rien et subissaient les attaques des maquisardes locales. Le jeu était aussi figé que le visage de Nicole Kidman.
Nos adversaires n’étaient pas forcément très organisées, ni même précises, c’était plutôt le trou d’air de notre côté qui était inquiétant. Pourtant, nous n’en avions pas eu durant notre vol, fallait-il l’avoir sur le parquet ? Quoi qu’il en soit, nous perdions cette période 16-9 et nous rentrions au vestiaire avec 4 points de retard, sur le score de 26-22.

Francis accompagnait les filles pour remettre tout en place et les relancer au plus vite dans le match. Ainsi, au début du troisième quart-temps, les manches étaient retroussées. Mais quelque chose ne fonctionnait pas… Le score se creusait inexorablement… Nous pointions à 10 unités de retard quand Thilelli commettait une faute antisportive. De fait, avec 2 lancers à tirer et une possession à suivre, le risque était de se retrouver à -14 après cet évènement…
Miraculeusement, les corses n’arrivaient à convertir ni les lancers, ni la possession suivante…
Piquées au vif, nos minimes organisaient une presse qui se révélait efficace puisque nous récupérions plusieurs ballons pour recoller au score. Nous empochions le gain de cette troisième période sur le score de 13 à 11 et ne pointions plus qu’à 2 points derrière de valeureuses mais bien brouillonnes insulaires.

Dernier acte, un chassé-croisé de nature à faire rentrer nos tensions artérielles au Livre des Records.
A ce jeu de chat et de souris, nous tenions bon et nous étions en train de remettre le train sur les rails. La dimension physique était vraiment présente et rendait la partie plutôt musclée. Thiziri, sortie pour 5 fautes lors du quart-temps précédent, avait laissé sa place à Maïssa qui en était à 4… Mais notre intérieure arrivait à sortir sur la ligne des 3 points pour inscrire son deuxième tir longue distance de la partie. Cela permettait à notre équipe de mener de 4 points. Malheureusement, notre remontée ne s’était pas faite sans heurt et de nombreux lancers étaient offerts par l’arbitre locale à ses représentantes. Sur les 7 points rentrés sur la période, les corses avaient marqué 5 lancers-francs…
Il restait 2’30 à jouer et nous menions encore 42 à 40. Puis 30 secondes plus tard, le score était à égalité, et nous faisait craindre de louper l’avion de retour en cas de prolongations. Mais si nous avions l’occasion de tuer le match, sur une possession un peu trop vite négociée, ce sont nos adversaires qui passaient devant à 44-42. Il restait 3 secondes à jouer. Francis prenait un temps-mort et donnait un plan de jeu qui n’allait pas être respecté, ce qui nous laissait repartir de Vescovato avec une courte défaite de 2 points et un score qui n’avait pas bougé… C’est ainsi…

Mais il y a des motifs de satisfaction pour ce très gros déplacement de nos U15, le premier du genre. En effet, un tel voyage nécessite une certaine maturité pour gérer la fatigue, l’influx nerveux, l’attente. Il y a aussi l’absence de la figure tutélaire de l’équipe, Geoffrey, qu’il est impossible de minimiser. Enfin le manque d’entraînements la semaine précédente était préjudiciable (à cause de problèmes mécaniques, Zoé loupait même celui du lundi…). Mais néanmoins, alors que nous étions au fond du trou et sous la menace d’un rédhibitoire -14, nos joueuses surent se ressaisir pour nous offrir ce final haletant malgré la performance d’ensemble plutôt modeste qu’elles nous ont livrée.
Ce tout petit écart devient donc anecdotique dans le cadre du match retour et la mission de nos minimes sera de remonter ce déficit qui n’est pas sans rappeler le QI de Nabilla.

Bref, le retour se faisait dans le calme et les filles se quittaient à l’aéroport de Nice. Si elles avaient dans un coin de la tête cette petite déception sportive, elles savaient relativiser et savourer la journée qu’elles venaient de passer sur l’île voisine où il ne sera pas forcément aisé de s’imposer.
Retour à l’entraînement, retour au travail, retour à la formation, Saint Maximin se profile dès samedi 20 janvier, il faudra se mobiliser pour repartir vers les objectifs fixés par le coach.

D’ici là, je vous laisse avec quelques souvenirs de cette belle journée.

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