Les Laurentines nous plantent une épine

Une semaine après notre déconvenue à Carros, les filles allaient remettre le couvert contre le leader invaincu qu’est Saint-Laurent du Var. L’armée bleue des laurentines, bien décidées à garder leur invincibilité, débarquaient à la salle de l’Annonciade dans des conditions dantesques, le Var et les Alpes-Maritimes ayant décidé d’enclencher le plan ORSEC et de placer la PACA en alerte vigilance rouge. La peur était que notre rencontre soit annulée, à l’instar de toutes les autres catégories, des U13 à la NF1. Il faut dire que la pluie posait question, notre département était aussi trempé que le pubis de l’amant de Lady Chatterley. Mais il a été maintenu, avec l’engagement de Morgane et le support de notre seule arbitre du jour, Cécile Favre.

Du côté des filles, après avoir disputé les 2 matches de Région et Départemental de samedi dernier, Maylis et Roxanne nous rejoignaient, tandis que Léana était mise à disposition des U18D. Hélas, à cause des intempéries, Roxane n’allait pas être en mesure de nous rejoindre pour disputer la rencontre du jour.

La venue de Saint-Laurent permettait de revoir des filles que nous connaissons depuis fort longtemps avec cette fois en plus, d’avoir le gros plaisir de revoir d’anciennes partenaires de club avec Amélie, et les twins Hayam et Hana. Ah les filles, vous revoir me fait le même effet que ressent le céleri quand il voit s’approcher Aymeric Caron et qu’il sait qu’il va finir entre ses mains.
Dans cette salle, 6 anciennes coéquipières se retrouvaient mais, cette fois, elles seraient 3 de chaque côté pour s’affronter, et ce n’était plus pour un entraînement.

Pour démarrer, Franklin envoyait sur le parquet Zoé, Chiara, Janna, Clara et Tinane.
Nous perdions vite l’avantage de l’entre-deux, et la mise en route fût un peu longue, un peu vaine, jusqu’à ce que Zoé ne trouve Tinane pour un premier panier, nous menions donc logiquement 2-0.
Les 3 minutes qui suivirent furent quelque peu agitées puisque Janna prenait 2 fautes, une défensive et une offensive, Tinane en recevait une elle aussi avant de s’effondrer douloureusement à cause de son genou récalcitrant. Elle semblait mal en point et on envisageait déjà de l’envoyer chez le médecin d’Abdelaziz Bouteflika qui avait réussi à le remettre en vie déjà 24 fois.
L’autre problème, c’est que les laurentines en profitaient pour s‘envoler et mener 13-2, mais Zoé parvenait à trouver Chiara pour mettre le 2° panier monégasque de cette période.
Maguette prenait sa 2° faute, la 6° de notre équipe contre aucune de nos adversaires, et nous étions menés 15-4.
Zoé marquait un panier sur la gauche, mais Alicia Arnoux répondait par une flèche longue distance, le reste de la période allait être une série de pertes de balles au coût élevé puisque nous pointions dorénavant à 14 points derrière Saint-Laurent, sur le score de 21-7.
Notre attaque était défaillante à 3/19 aux tirs, et notre défense avait des allures d’Emmenthal, parce que, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de trous dans le Gruyère mais bien dans l’Emmenthal.

La deuxième période allait révéler quelques failles dans notre fond de jeu et faire place à parfois trop d’initiatives individuelles non concluantes, à l’image de ces 12 pertes de balles sur les 46 du jour. Zoé marquait un panier puis tentait de lancer le ballon vers ses ailières, mais un manque d’adresse ne permettait pas à nos cadettes de transformer ces essais pour remonter au score.
Tinane arrivait à capter une de ces passes pour scorer, nous en étions à 23-14 et, à 5 minutes du terme du quart-temps, Clara s’effondrait sur le sol dans un cri retentissant. Nous allions avoir un long temps de flottement, d’incompréhension, d’inquiétude, l’attente était longue et douloureuse, comme celle de ceux qui ont envie de faire pipi au Festival des Vieilles Charrues.
Mais le diagnostic tombé plus tard allait être terrible pour notre capitaine : rupture des ligaments et arrachement osseux, une blessure importante, grave, qui mettait probablement un terme à sa saison… Evidemment, tous nos encouragements et nos pensées vont vers elle.
Un sentiment de révolte animait nos joueuses et Zoé donnait des passes décisives à Maylis, Janna, puis elle marquait un panier. Mais souvent, l’empressement de nos joueuses provoquaient de nouvelles pertes de balles et des tirs ratés qui permettaient à Saint-Laurent de maintenir la distance.
C’est parfois seules contre toutes, en se faisant contrer, ou encore en se précipitant sur les remises en jeu, ou en offrant des lancers-francs que nos adversaires continuaient leur travail de sape jusqu’à 2 secondes du terme, quand Chiara trouvait Maguette pour marquer, et remporter ce quart-temps 17-11, mais nous restions à 8 points, sur le score de 32-24.

Malgré les défauts de notre jeu, et des choix discutables, nos cadettes ne pointaient qu’à 4 paniers du leader laurentin en ayant shooté à 9/44. Tous les espoirs étaient permis, il restait à savoir ce que les filles avaient dans le ventre.

Et ça redémarrait plutôt bien quand Zoé volait un ballon des mains de son adversaire, catapultait la balle pour une belle passe au sol avec rebond vers Janna, qui donnait ensuite en retrait à Tinane pour marquer le plus beau panier de la partie. Une action bling-bling à faire passer Rachida Dati pour Léonarda Dibrani. Et Tinane enchaînait avec un lancer pour nous remettre à 32-27.
Côté laurentin, Elisa se voyait siffler un marché mais l’arbitre lui donnait la balle pour la remise en jeu sous la stupéfaction de l’ensemble des joueuses et des spectateurs.
Tinane insistait, marquait, imitée par sa sœur Maguette, et nous étions revenus à 32-31 avant qu’Amélie ne montre le travail accompli à l’Eveil en convertissant ses 4 lancers-francs, pour redonner un peu d’air à ses coéquipières.
Hayam rentrait son tir, les laurentines obtenaient des lancers, sur les fautes de Maguette et Janna, et Zoé réussissait un tir pour continuer de maintenir le cap avant de servir Janna pour un nouveau panier, nous étions à 44-39.
Après un lancer converti de nos adversaires, une remise en jeu de Maylis vers Tinane permettait de continuer d’espérer à 45-41.
Vint alors un moment un peu étrange qui allait freiner notre tentative de remontée. Sur 3 passes millimétrées de notre meneuse en contre-attaque, nos joueuses se précipitaient et perdaient coup sur coup ces 3 balles, loupant ainsi autant d’occasions de recoller au score, pour ne pas dire prendre l’avantage. Il valait mieux être aveugle que voir ça, avec comme autre avantage de ne pas pouvoir assister à la présentation de la collection été de chez Desigual.
Les laurentines n’en demandaient pas tant, tandis que Chiara essayait de limiter la casse.
Nous empochions néanmoins le gain de cette période sur le score de 21-18 et ne pointions qu’à 5 points de Saint Laurent à 50-45.

Nous n’étions vraiment pas loin, c’était encourageant, mais pas non plus de quoi danser la sarabande comme disent les transgenres un peu excités.
Zoé sortait momentanément et Chiara, après une feinte double pump, en profitait pour marquer un panier pour nous mettre à 3 petits points de nos adversaires. Cette action en forme de leurre allait un peu éclipser la réalité du match et on risquait de finir par autant parler de nos erreurs durant ce match que des philosophes antiques sur NRJ12.
La montée de balle est un exercice difficile quand on n’est pas spécialiste du poste et nos cadettes allaient perdre 3 balles en 3 remontées de terrain, toutes sanctionnées par des paniers laurentins qui avaient maintenant 9 points d’avance à 56-47.
Zoé revenait sur le parquet et servait Chiara qui obtenait 2 lancers, puis Maguette obtenait elle aussi 2 lancers. 3 étaient convertis, nous étions à -6 et avec 4 minutes à jouer.
L’équipe allait avoir physiquement un peu de mal à contenir les derniers assauts des Laurentines, à l’image de Maylis qui écopait de sa 5° faute. Nos adversaires profitaient des erreurs de nos U18 et, sur une nouvelle perte de balle, nous étions menés 66-51. Ces 15 points de retard semblaient rédhibitoires et les filles laissaient tomber, comme le coach de Pilates de Gérard Larcher.
Difficile de terminer ce quart-temps sans parler de notre adresse aux tirs qui avait disparu comme les Boys Bands à la fin des années 90… 3/18 à 16,7%, cette donnée faisait froid dans le dos.
Nous perdions donc ce dernier quart-temps 22-10 et le match sur le score de 72 à 55.

Alors que retirer de ce samedi 23 Novembre 2019 si ce n’est l’anniversaire de la mort de Pat Morita ?
Au moins avait-il enseigné à Daniel San les bienfaits de la répétition des gestes techniques pour les combiner en compétition, précepte que nous allons adapter à nos séances de tirs car il est difficile de gagner un match en shootant à 22/85.
Un autre élément illustre cette forme de maladresse dans le jeu. Il s’agit du nombre de passes réalisées par Zoé qui vont de la zone arrière vers la zone avant, pour servir les ailières et les lancer au panier. Il y en eut exactement 29, à l’image de cette dernière en fin de match vers Janna qui marquait nos 2 derniers points. Seulement 5 de ces passes furent ainsi converties sur les 29 adressées pendant la partie. Si on avait mis seulement la moitié de ces contre-attaques, on aurait eu 24 points de plus, et on aurait gagné notre match aisément.
Il est nécessaire de trouver la sérénité inhérente à la conclusion de ce type d’actions en contre-attaques, nous avons beaucoup de ces situations à chaque match, puis il faut bien respecter les couloirs de contre-attaque pour achever ces actions avec concentration et application. En gros, les filles vont retourner bosser dur à l’entraînement, et elles reproduiront inévitablement les bons gestes en conditions de match. Nous les marquerons ces paniers qui nous feront gagner des matches, et nous les aideront en bons supporters que nous sommes. Tout ça reste un apprentissage, permanent !

Il reste à adresser une dernière pensée chaleureuse à Clara et lui souhaiter le meilleur rétablissement possible, on pense toutes et tous à elle.

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